top of page

la ménopause n’est pas une fin, c’est une nouvelle étape

il y a 29 minutes
7 min de lecture

Votre corps change. Pourquoi pas votre regard ?

Femme de 50 ans aux cheveux gris, souriante, marchant dans une ruelle ensoleillée devant un escalier de pierre, symbole du climatère comme nouvelle étape
Une nouvelle étape s'ouvre, et c'est vous qui choisissez le chemin. ✨

Bonjour les Épicuriennes du bien-être !


Claire*, 49 ans, cadre dans une grande entreprise, s’installe dans mon cabinet. Tailleur impeccable, cernes camouflés avec art. Elle attaque sans préambule : « La semaine dernière, en pleine réunion, mon chemisier s’est transformé en sauna. J’ai continué à commenter mes graphiques avec des joues couleur coquelicot. » Silence. Puis, à voix basse : « C'est fait. Je deviens comme ma mère... une vieille. »


Je lui réponds du tac au tac : « Non, Claire. Vous entrez dans une nouvelle étape. » Une nuance de taille. Ce mot « étape », je ne l’ai pas choisi au hasard. Il va de pair avec un terme que je vous propose d’adopter aujourd’hui : le climatère. Vous allez voir, il change la perspective.

*Claire s’appelle autrement. Ce qui se dit dans mon cabinet reste dans mon cabinet. Seules les bouffées de chaleur ont le droit de sortir.


La ménopause, une date… et surtout un chemin

Au sens médical, la ménopause est une date, celle des dernières règles. Il faut attendre douze mois sans menstruations pour la confirmer et la dater après coup.


Une seule journée, identifiée un an plus tard. Ce que vous vivez s’étale, en revanche, sur plusieurs années :

  • La périménopause : la transition hormonale, quatre ans en moyenne, jusqu’à une dizaine d’années pour certaines. Elle débute souvent vers 47 ans. Les cycles se dérèglent et la plupart des symptômes apparaissent.

  • La ménopause : le fameux jour J.

  • La postménopause : tout ce qui suit, soit le reste de la vie de femme.


Les années de transition, avant et après la ménopause, portent un nom encore peu connu : le climatère.

Livre « Bouffées de chaleur, briser le tabou de la ménopause » de Miriam Stein, avec une grue en origami rose posée sur la couverture
Au Japon, la grue symbolise la longévité. Elle s’est posée sur le livre qui m’a appris un nouveau mot : climatère.

Changer de mot pour changer de regard

Ce mot, je le dois à Miriam Stein. J’ai dévoré son livre, Bouffées de chaleur. Journaliste installée à Berlin, elle ressent les premiers symptômes de périménopause à 44 ans. D'abord démunie, elle décide d'enquêter et d'interroger différentes personnes (gynécologue, naturopathe, chercheuse, auteures féministes).


Son premier constat porte sur le vocabulaire. Il est vrai que « ménopause » charrie trois siècles de clichés, ceux de la femme aigrie, irritable, « desséchée ». Sans oublier l'hystérique. Merci la médecine du XIXe siècle ! Miriam Stein lui préfère « climatère », du grec klimaktêr, l’échelon, l'étape.


Les ovaires ne sont pas le problème, le regard que la société porte sur eux, oui.

La féministe américaine Gloria Steinem l’a démontré par l’absurde dès 1978. Dans un essai satirique, elle imagine des hommes réglés, et fiers de l’être. Avec eux, le tabou des règles n'aurait jamais existé. Quant à la ménopause, elle deviendrait une fête. Ces messieurs y verraient la preuve d'une « sagesse cyclique » .


J’ai ri. J'ai adoré !


🌸 Kōnenki, le renouvellement

Au Japon, la ménopause se dit kōnenki, un mot qui évoque le renouvellement. Au début des années 1990, l’anthropologue Margaret Lock a comparé les Japonaises et les Nord-Américaines. Surprise : les Japonaises déclaraient peu de bouffées de chaleur, mais se plaignaient souvent d’épaules raides ! Elles voyaient la fin des règles comme une étape naturelle. Pour Lock, culture et biologie s’entremêlent. Autrement dit, notre regard façonne aussi ce que vit notre corps.


Ce qui se passe dans votre corps (version express)

Trois rôles principaux, une seule scène : la vôtre. Lever de rideau !

  • La progestérone s'éclipse la première. Pendant la périménopause, les ovulations deviennent irrégulières. Or, la progestérone se fabrique après l’ovulation. Qui dit moins d’ovulations dit moins de progestérone. Elle amorce son déclin, en toute discrétion.


  • Les œstrogènes jouent les divas. Pics, creux, rebonds, puis déclin. Ce déséquilibre peut se traduire par des règles plus abondantes, des seins tendus, un sommeil haché ou encore une humeur en dents de scie.


  • Le thermostat cérébral joue les hypersensibles. Dans l’hypothalamus, notre centre de régulation de la température, certains neurones sont sensibles aux œstrogènes. Quand leur taux fluctue, puis baisse, la zone de confort thermique se rétrécit. Le moindre écart déclenche l’alarme : les vaisseaux se dilatent, le visage rougit, la sueur apparaît. Votre bouffée de chaleur vient de débarquer.


Ajoutez-y d'autres personnages tels que les palpitations, l'irritabilité, l'anxiété, la fatigue, les trous de mémoire, la libido en grève, les envies pressantes, la sécheresse intime et les articulations grinçantes.


Au bout du compte, chaque femme a son scénario. Certaines vivent une pièce intimiste, presque sans effets. D’autres, une superproduction avec décors, figurants et coups de théâtre. Bref, il existe autant de climatères que de femmes.


💼 Le climatère au bureau, ce grand non-dit

En France, 17,2 millions de femmes de plus de 45 ans sont concernées par la ménopause. Selon le rapport Rist (2025), une femme sur deux estime qu’elle peut peser sur son travail. Brouillard mental en réunion, nuit blanche avant une présentation… Ni caprice ni fragilité, de la physiologie qui pousse certaines à refuser une promotion, voire à quitter leur poste.


Le traitement hormonal (THM) : où en est la science ?

« Les hormones, je dois en prendre ? » La fameuse question que j'entends souvent en consultation. Ce à quoi je réponds toujours : « Je suis naturopathe. Prescrire des hormones, les condamner ou toucher à un traitement ne relève pas de mon métier.»


Chaque femme a son histoire, ses antécédents, ses besoins. Cette décision lui appartient, avec son médecin.


Côté efficacité, peu de débat. La Menopause Society, la référence nord-américaine en la matière, considère le THM comme l'option la plus efficace contre les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale, et reconnaît son rôle dans la prévention de la perte osseuse. Plus d'une vingtaine d’organisations internationales partagent cette position. En France, la Haute Autorité de santé a confirmé la place du THM dans la stratégie thérapeutique en octobre 2025.


Côté risques, l'histoire est plus mouvementée. En 2002, l’étude américaine WHI associe le traitement à davantage d’AVC, de thrombose et de cancers du sein. Les prescriptions s'effondrent. Vingt ans plus tard, la lecture a changé. Fini le tout ou rien. La balance bénéfice/risque s'évalue au cas par cas, selon l’âge de la femme, le temps écoulé depuis la ménopause, les hormones utilisées, leur voie d'administration et la durée du traitement.


Du sur-mesure, en somme. Les autorités de santé recommandent une évaluation personnalisée, une information claire et une réévaluation au moins une fois par an. Certains antécédents, au premier rang desquels le cancer du sein, ferment la porte aux hormones.


Un chapitre qui continue à s'écrire. La HAS poursuit ses travaux sur la prise en charge globale de la ménopause et de nouvelles recommandations sont attendues en 2027.


Mon conseil ? Soyez actrice de votre santé. Informez-vous, notez vos questions, brisez le tabou avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme. Une femme informée choisit mieux.


De mon côté, avec ou sans traitement, je reste à vos côtés pour soutenir votre terrain. Le climatère se vit aussi dans l’assiette, sur l’oreiller et dans les émotions.


💡 Le saviez-vous ?

Les humaines partagent la ménopause avec une poignée de cétacés, dont les orques. Une étude publiée en 2015 dans Current Biology a montré que les femelles orques ménopausées mènent le groupe vers les zones de pêche au saumon. Leur rôle de guide se renforce les années où le saumon se fait rare. Les chercheurs y voient la valeur de la sagesse des aînées.


La théorie de la grand-mère

Chez la plupart des mammifères, la fertilité dure jusqu’à la fin de la vie. Les femmes, elles, peuvent vivre plusieurs décennies après leurs dernières règles, une particularité rare dans le monde animal.

 

L’explication la plus souvent avancée est connue sous le nom de « théorie de la grand-mère ». Derrière ce terme, qui peut prêter à sourire, se cache une idée plus vaste qu’il n’y paraît.


Après la ménopause, l’énergie d’une femme se déploie autrement. Son expérience, son écoute, son savoir rayonnent autour d’elle, auprès de ses proches, de ses amis, au travail. Le débat reste ouvert, mais l’essentiel est là : la valeur d'une femme ne se mesure pas à sa fertilité.


Ma babouchka Zinowia en est l’illustration. Née en 1909 à Rostov-sur-le-Don, elle a grandi dans un milieu hygiéniste, ce courant de santé naturelle venu d’Allemagne et alors en plein essor. Avec son sbitène brûlant, son kéfir et ses herbes aromatiques, elle m’a transmis bien plus que des recettes. Une certaine façon de prendre soin de soi.


🎯 Pour l’épicurienne pressée

  • Climatère = la période de transition → périménopause + ménopause + le début de la postménopause.

  • Périménopause → la progestérone baisse, les œstrogènes font les montagnes russes.

  • Ménopause = une date → les dernières règles, confirmées après douze mois sans menstruations.

  • Symptômes → bien plus que des bouffées de chaleur, une combinaison unique pour chaque femme.

  • Traitement hormonal → bénéfices et risques à peser au cas par cas, avec son médecin.

  • Le mantra : je ne décline pas, je franchis une étape.


Quel mot choisiriez-vous pour nommer cette étape ? Qu'est-ce qui vous pèse , qu'est-ce qui vous réjouit ? Partagez-le en commentaire, j’adore vous lire !


Votre complice du bien-être pétillant ✨



📚 FAQ : climatère et ménopause

❓ Périménopause, ménopause, postménopause : quelle différence ?

La périménopause désigne la transition, quand les cycles deviennent irréguliers. La ménopause correspond au jour des dernières règles, confirmé après douze mois sans menstruations. La postménopause commence ce jour-là et couvre le reste de la vie. Le climatère, lui, désigne toute la période de transition : les années qui précèdent la ménopause et les premières années qui la suivent.

En France, l’âge moyen est de 51 ans. La périménopause débute en général vers 47 ans, parfois plus tôt.

Plus longtemps qu’on ne le croit. La plupart des symptômes s’atténuent dans les premières années, mais une femme sur quatre en ressent encore au bout de dix ans. Pas de quoi baisser les bras pour autant. En repérant ses déclencheurs (boissons chaudes, stress, pièce surchauffée), en ajustant son assiette et en apprivoisant son système nerveux, chaque femme peut trouver ses propres clés. C’est tout le sens d’un accompagnement personnalisé.

Il présente des bénéfices et des risques, qui varient selon l’âge, les antécédents, les molécules et la durée du traitement. En 2002, l’étude américaine WHI a révélé des risques accrus d’AVC et de cancer du sein. Les analyses suivantes ont nuancé ces résultats selon le profil des femmes et les hormones utilisées. La balance se discute au cas par cas avec le médecin.

Elle accompagne votre terrain : sommeil, alimentation, gestion du stress, plantes adaptées à votre profil. Elle ne pose pas de diagnostic et ne remplace ni votre médecin ni vos traitements. En consultation, j’adapte chaque conseil à votre histoire, à vos antécédents et à vos traitements éventuels.


Commentaires


bottom of page